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Histoire

Histoire de la Fauconnerie (chasse au vol) en Suisse





La fauconnerie en Suisse n’a probablement jamais eu la même importance que dans les pays environnants ou dans les pays arabes. La plupart du temps, c’est grâce à des documents tirés d’archives ou à des oeuvres artistiques que nous avons des renseignements sur la Chasse au vol dans notre pays.

Dans ce contexte, on peut citer A.Lutz dans son ouvrage qui traite de la chasse à Zürich „ le livre du conseil muninipal de 1454 nous présente Junker Heinrich Escher. Il descendait un soir le quartier zürichois du Niederdorf, un autour au poing. Devant sa maison se tenait Jeckly Meyers qui contemplait la danse d’un groupe de jeunes artisans. A ce moment, le meneur de la danse, Ulrich Hüssinger fit tomber l’oiseau de son poing par inadvertance. Junker Escher jura et donna un coup de poing au jeune, ce qui finalement aboutit à une amende“
Ce qui est intéressant dans ce compte-rendu est de savoir que porter un oiseau au poing pouvait être une source de querelle et donc qu’il avait une valeur certaine. On peut apprendre des mêmes sources que sur le territoire de la Suisse actuelle, la chasse au vol était réservée aux puissants et au clergé et ceci jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Ceux qui ne respectaient pas ces privilèges étaient condamnés à des amendes sévères.
Il n’y avait pas que la chasse au vol qui était légiférée. La capture de rapaces a joué dans certaines régions de la Suisse un rôle important. Citons encore une fois A. Lutz: „ La capture d’oiseaux de proie dans les forêts de la région de Winterthur a été par la suite attribuée par le souverain du château de Kyburg et ceci dans les terres qui lui appartenaient à un seul citoyen de la ville de Winterthur. Ces personnes transportaient leurs jeunes faucons dans tout le monde, munis d’une attestation du souverain. Parmi les plus connus désaireurs de rapaces de Winterthur, on peut citer Anton Mathis (1538), Sebastian Habs (1573) und Michael von Eich (1618), qui transportaient leurs oiseaux en Allemagne, en Italie et en France. Encore en 1640, le Markgraf Friedrich von Baden demanda au Conseil de la ville de Winterthur de l’autoriser à lui vendre ses faucons. “ Le commerce des autours était si florissant qu’en 1470 un tel oiseau valait deux Ducats.
Les traces et les sources de la transition entre l’Ancien-régime et les temps modernes ont tout à fait disparu. Il ne reste qu’un échange de lettres entre un petit nombre de fauconniers actifs en Suisse entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème qui éclaire un peu cette période obscure. Citons des noms comme Franz Wirth, René La Roche-Ringwald, Gottfried Boesch, Willy E. Bär, Fritz Michel.
Grâce à eux, la fauconnerie en Suisse a vécu une deuxième naissance, stimulée par différents fauconniers français, hollandais et allemands. Avec l’usage intensif du DDT, on assista à une rapide et inquiétante régression de la population des faucons pèlerins, des autours et des éperviers vers la fin des années 50. On assista bientôt à l’établissement d’une attitude négative contre la Chasse au Vol.. Le petit nombre de fauconniers actifs se sentit menacé, si bien qu’une Association fut fondée en 1963 pour que ces fauconniers puissent défendre au mieux leurs intérêts.
« Heureusement, grâce aux efforts entrepris par certains fauconniers américains, bientôt suivis par d’autres, la manière de faire se reproduire ces rapaces en captivité fut mise au point. L’interdiction de l’usage du DDT porta aussi ses fruits et actuellement, certaines populations, par exemple celle du faucon pèlerin a atteint des niveaux très élevés. « 
Aujourd’hui, plus de 40 ans après la fondation de la SFV, on n’y trouve qu’un groupe très restreint de fauconniers actifs. Parmi une centaine de membres. Il n’y a qu’une dizaine de fauconniers pratiquants. Leur gibier est constitué principalement de corneilles noires et leurs rapaces, contrairement à ce qui a été dit plus haut sont issus uniquement de la reproduction en captivité.



Basrelief d'un poŽle en céramique zürichois (environs de 1400)